La solidarité : une histoire maçonnique

Si l’on considère que la Franc-Maçonnerie est issue des confréries de bâtisseurs du Moyen Âge, on trouve dans l’histoire de ces communautés de nombreuses traces de la solidarité qui régnait entre leurs membres.

Des bâtisseurs aux spéculatifs

Au temps des Templiers déjà, lorsqu’un confrère mourait, les survivants le veillaient et l’entouraient pour ses obsèques. Ces Francs-Maçons opératifs observaient un ensemble de règles destinées à respecter les normes de qualité et de morale autant qu’à préserver les secrets du métier. Leurs obligations comportaient aussi des devoirs de solidarité.

C’est cette Franc-Maçonnerie opérative qui se transpose en Franc-Maçonnerie spéculative aux XVIIe et XVIIIe siècles — en emportant avec elle ce devoir d’entraide.

L’évolution de la notion de solidarité

Au fil du temps, contre le chômage, la maladie ou les accidents du travail, les confréries et corporations, puis le compagnonnage, façonnent les premiers outils de la solidarité.

À la fin du XVIIIe siècle, certains républicains inspirés des Lumières considèrent que la justice sociale et la protection du plus grand nombre doivent primer. C’est le sens de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 :

Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.

Article 21 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1793

Les premières créations ouvrières en matière de protection sociale prennent la forme de sociétés de secours mutuels. Instruments d’entraide et de solidarité, ces mutuelles versent aux ouvriers qui cotisent des indemnités en cas de maladie, de chômage ou de grève. Reconnues par Napoléon III au début des années 1850, elles assureront le socle de la protection sociale pendant près d’un siècle. Elles sont à l’origine de la Sécurité sociale.

La SPP, digne héritière de cette histoire

La solidarité est l’une des valeurs-clés de la démarche maçonnique. Elle s’exerce pour tous les membres qui cherchent un secours afin de franchir un cap difficile de leur vie.

C’est cette mission que la Solidarité Phocéenne et Provençale s’est donnée. C’est à l’aide des versements de ses membres que celui ou celle qui disparaît transmet un secours à ses ayants droit, librement désignés. Il ne s’agit pas d’une assurance vie, mais bien d’une transmission de fraternité, de la prise en compte de l’autre quand il souffre.

À l’heure où l’individualisme monte en puissance, la SPP fait le pari d’être et de rester l’un des maillons du devoir de solidarité qu’implique notre engagement maçonnique envers tous nos Sœurs et Frères — mais aussi envers l’humanité en général.


D’après la lettre d’information n°3 du Conseil d’Administration de la SPP.

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